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Les témoignages d'étudiants
de part le monde auprès des Hommes

Témoignage d’Arnaud Brisemontier, chef de service d’un centre de formation


Pouvez-vous présenter votre parcours ?

Marié et père d’une petite fille, je suis chef de service d’un centre de formation et d’éducation de jeunes confiés à l’aide sociale à l’enfance : le CFSE (comité française de secours aux enfants). Ce poste est la synthèse d’un parcours d’une dizaine d’années post-bac riches en expériences humaines et professionnelles (volontariat civil, management, gestionde projets divers dans le cadre associatif et ecclésial, études de philosophie et de théologie).

 

Quelles sont vos missions et les actions que vous menez actuellement ?

Je gère au quotidien le service, le développe et assure les relations avec les nombreux partenaires.

J’accompagne l’équipe de 25 salariés (familles d’accueil comprises) dans sa mission de formation professionnelle et d’éducation en vue de l’insertion dans la société des 12 adolescents accueillis.

Une des clés de réussite de notre projet à laquelle je dois veiller est de maintenir l’équilibre et la rencontre entre deux logiques a priori fois des jeunes fragilisés par la vie qu’il faut aider à se (re)construire ainsi que des apprentis, salariés de l’association au même titre que l’équipe encadrante. Ce n’est pas toujours évident, mais assurément riche et passionnant.

 

Que retenez-vous de votre passage à l’institut Pedro de Béthencourt ?

J’ai fait le master avant d’entrer au CFSE (comité française de secours aux enfants)  il y a deux ans. Cette formation m’était nécessaire pour  pouvoir exercer rapidement un travail à responsabilité dans le secteur social associatif.

Elle m’a permis de « mettre en ordre » tout ce que j’avais appris et vécu jusque-là et d’affermir ma  vocation à travailler dans ce domaine en me fondant sur deux piliers : engagement personnel réfléchi (éthique) et compétences professionnelles indispensables. J’ai beaucoup apprécié les échanges avec les intervenants et les étudiants de ma promotion. Ils m’ont fait grandir en élargissant ma  vision de travail social et  humanitaire.
 

Les avancées d'un projet d'Enfants du Mékong


Voici quelques nouvelles de Gaspard Lorthiois, promotion 4 du Master humanitaire.
"Lancé aux Philippines pour une mission de soutien à l'entrepreneuriat en zone rurale, nous pimentons notre action d'un défi supplémentaire : placer ces entreprises au service de l'homme. Inspiré du social-business, de l'entrepreneuriat solidaire, de l'économie de communion, en anglais le mot d'ordre sonne bien : Generous Business ! Pour l'instant deux projets ont retenu notre attention :
-une fabrique de produits de santé à base de plantes de la pharmacopée traditionnelle
-et un projet aussi ambitieux d'agri-apiculture en zone montagneuse.
Fascinante aventure !"

Des nouvelles d’Anne Forget



Ancienne étudiante de l’institut Pedro de Béthencourt, Anne a été en mission au Soudan avec l’ONG Triangle de janvier 2009 à janvier 2010. Ensuite elle est partie 3 mois avec l’ONG Première Urgence en Palestine (toujours en tant que field co) avant de se faire embauchée par son ancien coordinateur programme du Darfour pour venir le rejoindre travailler avec OIM (en français, Organisation Internationale pour les Migrations) à Haïti, où elle est actuellement.
 
« J'ai beaucoup aimé travailler avec Première Urgence dans le contexte passionnant israelo-palestinien mais le poste en Haïti, comme camp manager, est un poste très terrain au sein d’une grande organisation internationale. Il m’était difficile de refuser, d'autant plus que j'y ai retrouvé la meilleure partie de mon ancienne équipe du Soudan ! »

Témoignage sur la situation en Haïti


Antoine Terrien, promotion 3 de l’institut Pedro de Béthencourt était de passage à l’Ircom le lundi 15 novembre. Au programme de cette brève visite, une rencontre avec les étudiants de la nouvelle promotion.
Voilà maintenant six mois qu’Antoine a rejoint Haïti. Au départ, Antoine occupait un poste de délégué psychosocial pour la Croix-Rouge française. L’objectif de cette mission était de poursuivre les activités psychosociales d'urgence pour les enfants en place pour réduire le traumatisme du tremblement de terre. Après avoir rédigé les projets en psychosocial et protection pour les 2 ans à venir,  Antoine est devenu coordinateur en renforcement de capacités pour soutenir la Croix-Rouge haïtienne, et est en charge du suivi des projets en psychosocial et en réduction des risques de catastrophes.

 Après avoir rapidement expliqué la situation haïtienne actuelle, un échange sous forme de question réponse s’est mis en place entre Antoine et les étudiants. L’urgence Haïti est une des plus importantes missions de l’histoire. La coordination entre les différentes ONG est primordiale mais celle-ci n’est pas toujours évidente. Antoine a soulevé plusieurs problèmes au cœur de sa mission : la lenteur de la machine humanitaire à être pleinement efficace, les contraintes du contexte urbain de Port au prince. Les nouvelles fonctions d’Antoine l’obligent aussi à être moins en contact direct avec la population, et assurer des tâches liées celle de tout manager: réunions, rapports ... C’est le prix à payer de la coordination ! Malgré les difficultés du quotidien, Antoine garde espoir pour l’avenir et a transmis sa joie aux étudiants de participer à cette mission.

L’échange avec les étudiants fut bref mais intense, à l’image du quotidien de sa mission

BK Chauvin (M2 PdB)

Mission au Tchad

Témoignage de Saïdou (promo 4)


Saïdou est à Bahai (Tchad) depuis le 9 juillet. Actuellement il existe 12 camps de réfugiés au Tchad pour hébergés les populations chassées du Darfour mais également les victimes de la guerre en Centrafrique.

ACTED intervient dans le camp de Ouré Cassoni (à 20 km de Bahai). C'est le camp le plus à l'est du Tchad, pratiquement en plein désert et à 5 km du Soudan. A Bahai, il y a une base du HCR et du PAM ainsi que de nombreuses ONG internationales ou tchadiennes. Par exemple l’IRC s'occupe de la fourniture de l'eau au camp pour 31 000 réfugiés. L’IRC a également en charge les questions d'éducation et de santé.
Tous les 15 jours se tient une réunion de management du camp des réfugiés à laquelle participe notre coordonnateur de zone et les responsables des autres ONG.

ACTED est chargé de la distribution générale des vivres et des « non food » (bois, pétrole…). Les questions de nutrition sont également sous la responsabilité d’ACTED.

Le programme qui m'a été confié s'appelle AEE pour Agriculture, élevage et environnement. Il s'agit d'aider les réfugiés à produire des légumes sur une zone de maraîchage autour d'un lac mais aussi dans leurs maisons et autour des points d'eau (récupération des eaux usagées).
Ce programme AEE s'occupe également de la santé animale et de la formation des auxiliaires para vétérinaires. Mais le plus gros de nos activités restent la protection de l'environnement: des plantations d'arbres, des opérations de fixation de dunes, des foyers améliorés pour la cuisson des aliments sont menés avec les réfugiés afin compenser le prélèvement des ressources ligneuses.

Ici l'insécurité est permanente. Des consignes strictes ont été données. L'eau est une denrée rare. On a droit à une douche par jour et la bouteille d'eau minérale coûte environ 1,5 euros. Les télécommunications (téléphone, internet) sont aléatoires. On apprend beaucoup de choses grâce au contact avec les autres.

Un statu quo entre le Tchad et le Soudan s’est établi, ce qui arrange tout le monde. Néanmoins, la situation des réfugiés du Darfour n’est pas réglée. L'assistance humanitaire est devenue une sorte de business social.

Pour conclure, je suis satisfait de l'enseignement reçu à l'Ircom.


Saidou Yacouba Goni

Project Manager AEE
ACTED Bahai Tchad